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Le Septimontium étoit une fête établie à Rome lorsqu'on mit une septiéme montagne dans son enceinte. Cette fête

pendant laquelle on offroit sept sacrifices en differens lieux, tom-boit au mois de Decembre; & les Empereurs faisoient cejourlà des liberalités au peuple.

Les Terminales étoient ainsi nommées selon Varron (1) parce (i De 1.Lati qu'elles se célebroient au dernier jour de Fevrier, qui termi- liv. 5. noit l'année Romaine ; ou plutôt, comme le prerend Denys d'Halicarnasse (2) parce qu'elles étoient inftituées par Numa

(2) Livza en l'honneur du Dieu Terme, lorsque ce Prince établit qu'on mettroit des bornes aux champs , afin que chacun reconnast l'étenduë du sien. Cette fête étoit totalement champêtre, & il n'étoit pas permis d'y rien offrir, qui eût été animé, de. peur d'enlanglanter les bornes, auprès desquelles on presentoit des fruits au Dieu qui y présidoit, & on lui faisoit des libations de lait & de vin. Il faut cependant que dans la suite du temps., on ait fait quelque changement là-dessus, puisque nous apprenons de Plutarque (3) que les Paysans s'assembloient

(3) QQ.Ross ce jour-là auprès des bornes, & y. immoloient une truye ou is. un agneau. Quoi qu'il en soit, il n'y avoit rien de plus facré parmi les Romains, que les bornes des champs ; & ceux qui avoient l'audace de les changer, étoient devoués aux Furies ; & il étoit permis de les tuer.

Les Tubilustres étoient une fête du mois d'Avril , instituée
pour purifier les Trompettes: on sacrifioit

pour
femelle. On faisoit aussi la même purification aux Vulcanales ,
fête célebrée le 10, avant les Kal. de. Mai en l'honneur de
Vulcain, le. Dieu du feu; & c'est pour cela qu’on jettoit au
jour de cette fête des animaux dans le feu.

Vertumne, Pomone, & un grand nombre d'autres. Dieux:
ou demi-Dieux, avoient aussi leurs fêtes, sur lesquelles, coni-
me il n'y a rien de particulier à apprendre, je renvoye à Ovi--
de, & à Rosin qui a donné un Kalendrier Romain avec tou--
tes ses Fêtes & feries (4)..

(4) Ant; Finissons cette Liste par les Vinales, qu’on célebroit deux Rom. liv. 14 fois l'année, le... avant les Kalendes de Mai, & le 13. avant pag. 239. celles de Septembre. Les premieres, établies selon Pline (5), (5) Liv.: 8.

s pour goûter le vin, n'avoient aucun rapport à la conservation ch.1y.

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cela un agneau

des vignes ; les secondes étoient

pour obtenir un temps favorable à la vendange.

Telles étoient les Fêtes des Romains , marquées dans leur Kalendrier ; & fion en célebroit quelquefois d'extraordinaires, comme les jours destinés aux Supplications publiques , c'étoit le Magistrat qui les indiquoit dans des cas extraordinaires.

CHAPITRE XIV.
Des supplications publiques, des Lectisternes, des Evoca-

tions con des Devouemens.
L

Es Supplications publiques se faisoient ou dans les occa

fions pressantes;comme,dans le temps de peste,ou de quelque maladie populaire ; ou après quelque victoire inesperée ; lorsque celui qui venoit d'être élu General , demandoit au Senat fa confirmation, & en même-temps la Supplication pour se rendre les Dieux favorables; & pour d'autres sujets encore. Ces Supplications étoient des jours folemnels, où il n'étoit pas permis de plaider pour quelque sujet que ce fût, & on les célebroit

par des Sacrifices, des prieres , & des festins publics. Quelquefois le Senat bornoit à un jour la durée de cette fête, quelquefois on y en employoit plusieurs, & l'Histoire nous apprend qu'il y en a eu qui ont duré jusqu'à cinquante jours.

On ne dit rien des Supplications particulieres , qui n'étoient autre chose

que les prieres que chacun faisoit aux Dieux, ou pour obtenir la santé , une bonne récolte , &c. ou pour les remercier des biens qu'on en avoit reçus. Une seule formule des

prieres des Payens, fuffira pour en donner quelque idée : en (1) Gruter voici une, conservée dans une Inscription (1) que Camilla

Amata fait à la Fiévre pour son fils malade. Divina Febri,
Sanctæ Febri , magnæ Febri, Camilla Amata pro filio malè affecto
P. Camilla Amata offre ses prieres pour son fils malade à la divi-
ne Fiévre , à la sainte Fiévre, à la grande Fiévre.

Il y avoit une autre espece de Supplication publique , qu'on

nommoit le Lectifterne (2). Cette ceremonie conlistoit en un Saz. Macrob. feftin que l'on preparoit & que l'on donnoit dans un Tem

و

97.1.

Lectifternium

3

ple; & parce que selon la coutume de ces temps-là, on dresfoit des lits autour des tables , & que l'on plaçoit sur ces lits les statues des Dieux en l'honneur delquels la fête se célebroit, de même que les hommes s'y couchoient dans leurs repas, on l'appella Lectifterne (a). Les Epulons dont j'ai parlé dans l'article des Prêtres , présidoient à cette céremonie , & en étoient les ordonnateurs. Valere Maxime (1) fait mention d'un

(1) Liv. 2. Lectisterne célebré en l'honneur de Jupiter. Ce Dieu, c'est-ch. I. à-dire , fa Statue, y étoit couchée sur un lit, pendant que celles de Junon & de Mercure étoient sur des sieges: Nam Jovis epulo ipse in Lectulum, Juno & Mercurius in fellas ad cenam invitantur.

Tite-Live, Ciceron, Lampridius & d'autres encore, parlent souvent de cette ceremonie, & le premier de ces Auteurs en rapporte l'institution à l'an de Rome 354. (2), à l'oc

)

(2) Liv. 5: casion de la peste qui ravageoit cette ville. Ce Lectifterne du- ch.is. ra huit jours, & fut célebré en l'honneur d'Apollon, de Latone, de Diane, d'Hercule, de Mercure & de Neptune.

Valere Maxime, à la verité, fait mention d'un autre plus ancien, puisque selon lui , il fut célebré sous le Consulat de Brutus , & de Valerius Poplicola, mais apparemment qu'il fut moins solemnel , ou que Tite-Live ne l'a pas connu.

Jusqu'au temps de Casaubon on avoit crû que le Lectifterne étoit d'institution Romaine , & qu'il n'étoit pas connu hors de l'Italie; mais ce sçavant Critique , examinant un endroit du Scholiaste de Pindare (3) & trouvant qu'il y étoit parlé de

(3) Od. ces oreillers qu’on mettoit sous les statues des Dieux , en a des Olymp. conclu avec raison que le Lectifterne étoit en usage dans la Grece. Les Auteurs sont venus au secours de cette découverte , & c'est une verité qui n'est plus aujourd'hui contestée. En effet, Pausanias parle en plusieurs endroits de ces sortes de

coussins, & rapporte dans son voyage d'Arcadie, qu'on en mettoit sous les statues de la Paix; & dans celui de la Phocide , il parle de ceux fur lesquels on plaçoit celles d'Esculape.

Valere Maxime (4) en dit autant des statues d'Harmodius, (4) Liv, z. & d'Aristogiton. « Les flatues de ces deux Heros , dit-il, qui ch. 16.

avoient tant travaillé à délivrer Athenes de la tyrannie qui (a) Ce mot est composé de ceux de lit, lectus, & de fernere, dresler , preparer.

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ch.76.

Gent. I. to

o les opprimoit, ayant été enlevées par Xerxes , Seleucus les » rendit

dans la suite;& lorsque le Vaisseau qui les portoit arriva à Rhodes,les chefs de la ville les vinrent prier d'accepter l’hof

pitalité , & les placerent sur l'oreiller : Rhodii quoque eas urbi fue appulsas, cum in hofpitium publicè invitaffent, facris etiam pulvinaribus collocaverunt. Et Suetone met ces oreillers , que ies Latins nommoient pulvinaria , & les Grecs raivos, au nom

bre des choses qui n'étoient employées que pour les Dieux , (1) In Cas. lorsque parlant de Cesar, il dit(1), fed & ampliora humano faftigio

decerni sibi palsus est... Templa, aras , fimulachra juxta Deos Pulvinar, Flamen , Lupercos, &c. a Il souffrit même qu'on lui » décernât des honneurs au-dessus de ceux qu'on rend aux hom

» mes , des temples , des autels, des statues auprès de celles des (2) Adv. , Dieux, l'oreiller, un Prêtre, des Luperces , &c. Arnobe (2) dic

de même en parlant aux Payens de quelques-uns de leurs Dieux. > Il faut bien, dit-il , que vous les ayez reconnus pour tels,

puisque vous leur consacrez des Temaples, des oreillers, &c.

Jacques Spon , dans son voyage de la Grece, dit qu'on voyoit encore à Athenes le Lectisterne d'Isis & de Serapis. C'étoit un petit lit de marbre de deux pieds de long , sur un de hauteur, sur lequel ces deux Divinités étoient representées allises. Ce sçavant Voyageur dit qu'on en trouvoit d'autres semblables dans la même ville, comme aussi à Salamine, & encore ailleurs. Nous apprenons par cette Relation la vraie forme des Lectisternes & des couslms. C'étoient de petits lits ou de marbre, ou de pierre, ou de bois, sur lesquels on plaçoit les ftatues des Dieux en l'honneur desquels on preparoit un festin.

Après ce que nous venons de dire, il est évident que le Lectifterne étoit également en usage dans la Grece & dans l'Italie. Ajoutons que les jours destinés à cette fête, étoient des plus solemnels, pendant lesquels il n'étoit pas permis d'envoyer personne au fupplice, & qu’on donnoit même la liberté aux coupables. C'étoit le premier Magistrat , ou le souverain Pontife qui les indiquoit, & l'objet étoit d'appaiser les Dieux, ou de leur demander quelques graces. Finissons en disant que la table du festin, & les lits où devoient reposer les Dieux, étoient ornés de rameaux, de fleurs & d'herbes

odoriferantes

D

odoriferantes. En voilà assez sur ce sujet ; disons un mot des Evocations.

Il y en avoit de trois fortes ; les premieres étoient des ope- Evocations. rations magiques qu'on employoit pour évoquer lame des morts; & j'en parlerai dans l’Article de la Magie. Les fecondes, dont il sera ici question, étoient employées ordinairement, pendant le siege de quelque ville , qu'on ne croyoit pas pouvoir , ni même devoir prendre , sans avoir invoqué les Dieux , sous la protection desquels elle étoit. Macrobe (1) nous a conservé une formule d'Evocation, qui met- (1) Sat. 3; tra les Lecteurs au fait, mieux que tout ce qu'on pourroit dire sur ce sujet. - Si c'est un Dieu , fi c'est une Déesse sous la

garde de laquelle est la ville & le peuple de Carthage, je * vous prie, je vous conjure , & je vous demande en grace,

grands Dieux, qui avez pris cette ville & ce peuple fous vov tre protection, d'abandonner ce peuple & cette ville, de

quitter toutes ces demeures , Temples, lieux sacrés ; de - les délaisser , de leur inspirer la crainte , la terreur & - l'oubli , & de vous retirer à Rome chez notre peuple : que » nos demeures , nos Temples, nos choses facrées , & notre » ville vous soient agréables. Faites-nous entendre que vous os êtes mon Protecteur, celui du Peuple Romain, & de mes

Soldats. Si vous le faites, je m'engage à fonder des Temples & des Jeux.

Enfin, la troisiéme forte d'Evocation, étoit celle qui étoit employée pour évoquer les Dieux. Pour entendre ce que je vais dire à ce sujet , il faut sçavoir que la Theologie payenne enseignoit que les Dieux prélidoient particulierement sur quelques lieux , & que souvent il y avoit plusieurs de ces lieux qui étoient sous la protection du même Dieu ; & comme il ne pouvoit être partout en même-temps, il étoit necessaire d'user de la ceremonie de l'évocation, quand on croyoit avoir besoin de sa présence. On avoit pour cela des Hymnes propres à cette operation, qu'on appelloit xnetixos, comme lont la plûpart de ceux qu’on attribue à Orphée , & ceux du Poëte Proclus. Ces Hymnes étoient composés pour

l'ordinaire de deux parties. La premiere étoit employée à louer les Dieux, & à parler des lieux differens qui étoient

Tome I.

PP

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