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IV.

Corps mis en

mouvement:

fe font choquées avec des forces égales, ne rejailliroien;
pas ; si le point du contact de chaque sphere ne s'éloi-
gnoiç du centre de certę sphere dans le second tems du
choc, après s'en être approché dans le premier ; en un
mot fi ces spheres n'avoient du ressort , cette force in-
.connuë dont il s'agit d'expliquer probablement la cause
physique,
Dire

que cette cause est une qualité occulte , ce n'est Le ressort est pas l'expliquer. Dire que c'est le vuide absolu, ce n'est pas produit par un l'expliquer probablement. Dire que c'est Dieu même, ce

n'est pas l'expliquer physiquement.

Si la Toute-puissance de Dieu, comme le disent quel ques Auteurs, écoit la seule cause physique des effets naturels, il suffiroit de dire, pour les expliquer tous en un mot, Dieu les veut, & alors la Physique feroit bien facile.

Expliquer un effet naturel , c'est expliquer les loix invariables suivant lesquelles , lorsque Dieu veut cet effet , il fait que des

corps agissent sur d'autres, afin qu'il soit produit. J'ai donc eu raison de dire dans les Loix du choc*, que la cause physique du ressort n'est

pas

Dieu même, ni aucune autre intelligence ; que c'est un corps ; mais un corps mis en mouvement , puisque les corps n'ont de force qu'autant qu'ils ont de mouvement,

* Art. 14.

CES

V.

corps mis en mouvement qui produisent le refsorr Ce corps mis dans deux corps durs qui se choquent, ne sont pas leurs en mouvement parties solides ; puisque leurs parties folides sont dans un est un fluide. repos mutuel dans l'instant que la restitution va com

mencer. Ce sont donc leurs parties Auides.

On ne peut se dispenser de tirer cette consequence, fi l'on ne veut raisonner que sur des idées claires s car

dans un corps élastique , l'esprit n'aperçoit que ces deux * Liv. vi. de chofes ; des parties solides, & des parties Auides. Si quella Methode, qu’un croit y appercevoir de petits liens, je le renvoye

au Livre de la recherche de la verité * , après lui avoir

Ch. 18.

-3

fait remarquer, que fi ces prétendus liens font parfai-
tement durs, ils ne peuvent produire de mouvement
en arriere ; & que s'ils sont flexibles, ils doivent être
composez de parties solides & fluides : & qu'ainsi j'ai eu
raison de dire dans les loix du choc *, que les

par-
ties solides & les parties Auides d'un corps élastique, font * Art. 14
les deux choses & les seules choses qui puissent produire

lé mouvement en arriere. Or les parties folides ne le 1,8 produisent pas. Ce sont donc les parties de quelque

Huide' ; d'un Auide qui sort des corps au premier tems du
choc, & y rentre au second.
Pour le mieux concevoir , imaginons que l'on metre un

ballon sous un poid de cinquante livres ; les parties diame- Ce fluide fori RI tralement opposées , fe ráprocheront sensiblement ; sà des

corps à refEdit peau conservera fous une autre figure à peu près la mê- sort an premier

me furface qu'elle avõit auparavant ; mais le volume du tens du choc, en lau Auide ou des Auides qu'il contenoit, diminuëra beau- 3 rentre an for

coup.

Ainsi lorsqu'un ballon est comprimé, il en sort de la matiere fluide. Cela est fenfible lorsque la compression

est considerable , & n'est pas moins certain , lorsqu'elle - est très-foible. On en fera convaincu fi l'on fait atten

tion qu'entre les figures isoperimetres , la spherique est la
plus grande.

Si l'on vient à retirer le poid qui pressoit le ballon,
le même fluide qui en étoit lorti, y rentre aussi-tôt après ,
& le ballon reprend en très - pcu de tems fa premiere
figure.

Il en est à peu près de même de deux ballons qui se choquent , & par analogie , de tous les corps durs. Lorsque les parties voisines des points du contact s'applatiflent au premier tems du choc , il fort de chaque corps de la matiere Auide ; & lorsque ces mêmes parties le rétablissent, la même quantité de mariere Auide qui étoit sortie de ces corps, ou à peu près, y rentre successivement. N'est-il pas évident que c'est ce

cond.

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LAir.

fluide (quel qu'il puisse être ) qui par sa sortie & fa rentrée, produit les ressorts, ou au moins que ce fuide les facilite , & contribuë à leur production ? Mais je vais

m'expliquer plus clairement. VII. J'ai confideré dans les Loix du choc *, les parties de Co fluide qui l'Air comme de petites lames spirales, ou comme de peSort qui rensre, n'est pas de tits floccons de laine ; & maintenant, après des Auteurs

celebres, je les considere comme des petits ballons ; car * Art. 15. qu'importe içi de quelle maniere on les considere ?

Si délicates que puissent être les pellicules de ces petits ballons, ce ne sont pas elles qui traversent fi facilement les pores de la peau du ballon (a). C'est sans doute la matiere fluide qui les remplit & qui les inonde de toute part. Ainsi cette matiere plus fluide que l’Air , est au moins necessaire à la production du ressort. Mais elle ne le produit pas par cette raison seule, qu'elle est plus Auide que l'Air. Ni l'Air, ni ce Auide plus parfait que l'Air, ne rentreroient pas dans un ballon , par cette raifon seule , qu'ils font assez fluides pour y rentrer.

Car lorsque la restitution va commencer, la matiere Huide qui est dans le ballon, est plus comprimée que celle qui l'environne. Mais les corps les plus fluides, comme tous les autres, ne doivent pas aller vers le côté ils feroient plus pressez. Il est donc necessaire que la matiere qui produit le ressort ( celle qui reste dans le ballon à la fin de la compression ) ait pour le produire une force (b) propre à cet effet ; mais une force qu'elle n'emprunte d'aucun autre Auide. Car si elle. l'empruntoit d'un autre Huide, ce ne seroit pas elle , mais cet autre fuide qui

ز

(a) LA'ir n'entre pas dans un tallon, s'il n'y est contraint par une force exterieure : l'eau y entre plus facilement cette matiere les experiences de M. de Reaumur, dans les Memoires de l'Academie 1714. p. 55:

(b) Il ne s'agit pas encore ici d'expliquer en quoi consiste cette force, Cet examen regarde les trois derniers Chapitres de ce Traité.

ferois

feroit la cause physique de la force élastique.

Or dans le ballon que je considere ici, je ne vois que des pellicules & de la matiere subtile. La matiere subtile emprunte-t-elle son mouvement des pellicules ? N'est-ce pas elle au contraire qui leur communique le sien ? C'est donc elle qui est la cause physique du ressort d'un ballon, & à plus forte raison de tous les autres corps qui ont plus de consistance, & dont les ressorts sont plus parfaits

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VIII.

IL est donc au moins très-vraisemblable, que ce fluide
qui produit le ressort des corps durs, par exemple, de tiere dont l Air
deux boules de verre, qui en fort dans le premier tems

emprunte sa
du choc, & qui y rentre dans le second ; 'est le même fluidité et sa
que celui qui palle avec tant de facilité par les pores du force ; c'est la
recipient de la machine Pneumatique , lequel est aussi de maciere lubri-
verre ; qui entre sous le recipient lorsque l'Air en sort, la
& qui en sort lorsque l'Air y rentre: Que ce fluide est
le même que celui qui par des espaces immenses tranf,
met presque dans un moment l'action de la lumiere,

* C'est ainsi depuis les Astres jusqu'à nous : Que c'est cette matiere * que le commun des hommes regarde peut-être comme chimeri- que s'exprime que i mais que la plus faire partie des Philosophes admet au- dans la Differjourd hui , comme la source de tous les mouvemens , par tation sur la de tous les changemens, & de toutes les varietez de la Na- Glace. P. fea ture i en un mot comme le ressort de la machine du Monde.

conde édition, Mais j'ai promis de lailler dans ce Traité toutes ces vrai-semblances, qui sont tirées de considerations étrangeres aux effets naturels du choc. Si je les ai employées dans les premieres propositions des Loix du choc, ce n'étoit que comme en palsant , & pour faire entrer insensiblement les Lecteurs dans ines pensées,

Je veux ignorer ici tout ce que les Physiciens modernes ont écrit de la mariere fubtile ou de l’Ether. La matiere subtile est un fluide dont l'Air emprunte á la fluidité ď sa force i ou mieux encore , c'est un fluide gui fort des corps élastiques dans le premier tems du choc, & qui ý rentre

B

3.

dans le second ; de qui par cette double action produit le bandement & le débandemerit des ressorts. C'est l'idée sous laquelle je me la represente, pour me renfermer dans les bornes que je me suis prescrites.

Les effets de la force élastique qui nous sont assez connus , nous conduiront beaucoup mieux que

des conjectures házardées , & des suppositions arbitraires , à une connoissance assez distincte de la matiere qui les produit, & de la mechanique très-délicate qu'elle employe pour les produire.

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V. Loix du I. Preuve de la très-grande fluidité de la matiere subtile, choc. Art. 17.

tirée des promptes vibrations des corps durs. II. Vn rel18. 19. 20. 21. fort infiniment prompt, ne pourroit etre produit que par

une matiere infiniment fluide. III. Les ressorts qui sont dans la Nature , sont produits par un fluide que l'on peut Supposer parfait. IV. La matiere subtile eft homogene', & également fluide dans tous les corps, quoiqu'elle n'y produise pas des ressorts également prompis. V. Elle ne doit laisser aucun vuide dans l'Univers , ni faire aucune fistance. VI. Elle est composée de corpuscules indéfinimena petits , & divisibles à l'infini.

Es vibrations réïterées que j'ai fait considerer * Preuve de la

dans un bloc de marbre, lorsqu'on vient à le très grande flui- frapper, pourroient suffire

pour

donner au Lecdité de la ma

teur qui veut refléchir, une idée assez juste de tiere subtile , ti- la fluidité de la matiere qui produit le ressort. Mais rée des promptes pour nous representer ici les vibrations des

corps

durs d'une maniere plus sensible , imaginons les dans quelque *v. Loix du corps élastique qui soit sonore, par exemple, dans une shoc. Art.

17

Cloche.

I.

corps durs.

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