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un seul

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mot, que toute la matiere subtile , qui remplit les espaces vuides de corps grossiers, eft homogene ? Donc elle est également Auide dans tous les corps. Je ne dis pas qu'elle y coule également, mais qu'elle y peut couler également. Donc si on m'accorde qu'il y ait dans l'Univers

corps

où elle soit indéfiniment fluide (& peuton raisonnablement me le contester ? ) j'en conclurai sans aucune peine, que cette matiere est indéfiniment fluide dans tous les corps ; & qu'en consequence il doit être permis de la supposer infiniment fluide.

C'est-à-dire , en termes équivalens , que la matiere Elle ne doit fubtile a la facilité de couler dans tous les corps avec laisser aucun vuide dans l'U

toute la promptitude qui est nécessaire , afin que dans les nivers, ni faire changemens qui leurs surviennent, elle puisse n'y laisser aucune refiftanaucun vuide , & en remplir exactement les moindres po

res. C'est-à-dire , qu'allant toujours vers où elle eft poussée, & à proportion qu'elle est plus poussée, elle doit ceder sans aucune résistance, aux impressions des autres corps. Je dis sans aucune résistance, & dans la rigueur je devrois dire, avec une rélistance indéfiniment pecite, & que l'on peut en consequence considerer comme infiniment petite , ou comme nulle, par rapport aux résistances des autres fluides.

L'Air du dehors entre dans une chambre, & en fort par la fenêtre, lorsqu'elle est ouverte, ou qu'elle n'est fermée

que

d'un treillis de fil d'archal. Mais l'Air n'est pas affez Auide pour passer au travers des vîtres de cette fenêtre. La matiere subtile traverse sans aucune peine, & les vîtres & les murailles de la chambre ; elle y passe avec plus de facilité, que l’Air ne passe par l'ou

verture de la fenêtre. Elle eft compo- IL s'enfuit que les corpuscules de la matiere subtile doisée de corpuson- vent être indéfiniment petits ; qu'ils ne peuvent avoir les indéfiniment de dureté que par la compression de ceux qui les envipetits divisibles à l'infini. ronnent, & qu'ils peuvent encore, fuivant les differens

besoins,

VI.

I

M 11 - 4

.

1:

besoins, être divisez & sub-divisez avec une très-grande
facilité en d'autres corpuscules plus petits, & cela
l'infini.

Je suppose ici, & dans les Loix du choc *, que la ma- * Art. 2017
tiere elt divisible à l'infini. Et comment ne le suppose-
rois-je pas ? c'est une verité sur laquelle les Philosophes
les plus illustres, tant anciens que modernes, se trouvent
réünis , & qui ne dépend en effet que des premieres no-
tions des corps naturels. C'est le premier pas qu'il faut
faire en Physique. Je n’entreprendrai point de le facili-
ter à ceux qui ne l'ont pas encore franchi ; & je de-
clare que je n'écris pas pour ces personnes qui s'arrê-
tant à chicanner sur les choses les plus claires & les plus
incontestables, s'obstinent contre l'évidence même à
vouloir admettre dans la nature des arômes ou des points
enflez ; en un mot qui ne voudroient pas reconnoître,
ou au moins supposer avec moi, la divisibilité de la ma-
ciere à l'infini.

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CHAPITRE III.

De la force de la matiere subtile.

V. Loix du I. il y a dans l'Univers des ressorts que l'on peut supposer choc. Art, 16. parfaits. II. La matiere subtile a asez de force pour ren& 24

dre tous les ressorts parfaits. III. Cette force de la matiere subtile est dans les corps, méme lorsqu'ils sont en repos, IV. Cette force de la matiere subtile est dans les corps durs , quoiqu'ils soient fragiles. V. La matiere subtile qui est renfermée dans une boule à ressort, a une force indéfinie , ou comme infinie. VI. La matiere subtile qui remplit l'Univers, est très-comprimée très-agitée dans tou. tes ses parties. VII. La force & la fluidité de la matiere subtile, ne peuvent subfifter lune sans l'autre. VIII. Exemple sensible qui confirme e éclaircit tout ce qui précede. IX. On ne sent pas la force de la matiere subtile , parte que toutes ses parties se contrebalancent.

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I. Il y a dans PUnivers des resorts que l'on peut supposer parfaits.

’ACADEMIE dans la question qui fait le sujet de la premiere Partie des Loix du choc, & que je continuë d'examiner dans ce Traité, demande

la cause physique des ressorts parfaits. Or comment résoudre une question, si l'on ne fuppose comme réels & existans dans la Nature, des effets dont on demande la cause physique ? Nous

pouvons donc supposer qu'il y a dans l'Univers des corps dont les ressorts se débandent avec toute la force avec laquelle ils ont été bandez ; ou des corps qui reprennent exactement au second tems du choc la même figure qu'ils avoient avant le choc ; ou enfin des corps qui s'étant choquez avec des forces égales, rejaillissent avec des forces égales à leurs forces primitives ; en un mot des resorts parfaits en force.

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Cetre supposition que nous donne l’Academie, n'est pas arbitraire ; puisque nous observons dans la nature des ressorts qui ne sont pas fort éloignez de la perfection ; & que d'ailleurs nous sçavons qu'il y a, foit audedans des

corps,

soit au dehors, diverses imperfections, ou pour parler plus clairement, divers obstacles qui doivent naturellement diminuer l'effet de l'action de la matiere subtile.

Par exemple, deux boules de Marbre perdent environ la douziéme partie de leurs forces primitives ; c'est-àdire, que s'étant choquées avec des forces égales de douze degrez, elles rejaillissent avec onze degrez de force. Deux boules d'Yvoire perdent environ la quatorziéme partie de leurs forces primitives. Deux boules folides de Verre n'en perdent qu'environ la seiziéme partie. A-t-on éprouvé la force élastique de tous les corps ? & n'a-t-on pas lieu de conjecturer qu'il y en a dans l'Univers , qui approchent encore indéfiniment plus de la perfection ?

Mais fans hazarder aucune conjecture, ne nous suffit-il

pas
de remarquer,

soit au-dedans des corps , soit au-dehors, diverses causes de la diminution de leurs forces ? Comptons parmi les obstacles * interieurs, la

* V". le Chao fragilité des corps physiques , le mélange des parties pitre vi. de ce heterogenes qui entrent dans la composition de leurs Traité. masses, le mélange des fluides grolliers qui s'infinuent dans leurs pores avec la matiere subtile. Comptons parmi les obstacles exterieurs , la résistance que l'Air fait au mouvement des corps , la matiere glutineuse qui couvre leurs surfaces , l'imperfection des machines dont on se sert pour les faire choquer , la difficulté

que

l'on trouve à les faire choquer directement, le poids & l'agitation des fils de suspension , enfin les moindres frot. temens, foit des corps , foit des fils. Faisons reflexion que tous ces obstacles , soit interieurs, soit exterieurs, & aurres qu'il est facile d'imaginer , concourent pour dimipuer les forces en arriere, & les faire paroître moindres

II.

qu'elles sont en effet. Ne sont-ils donc pas capables tous ensemble , de consumer la seiziéme partie du mouvement primitif de deux boules de verre ? Qu'il me soit

permis de le supposer ici, comme je l'ai fait dans le * Art. 11. Memoire * des Loix du choc..

M Aintenant pour nous former une idée juste de la La matiere force de la matiere qui produit les ressorts ; on voit subtile a affez assez qu'il faut faire abstraction de toutes les causes qui font de force pour, capables de les affoiblir. Ainsi les forces que les ressorts rendre tous les

en se débandant,communiquent aux deux boules de Verre refforts parfaits.

que nous confiderons , & que nous supposons toûjours fe choquer avec des forces égales , sont précisement égales à leurs forces primitives. Car les forces primitives sont entierement détruites , lorsque les ressorts sont entierement bandez. Donc toutes les forces que les boules ont après le choc , renaissent par la force seule des ressorts, ou du Auide qui produit les ressorts , c'est-à-dire , par l'action feule de la matiere subtile. Donc la matiere fubtile fait renaître

par

son action toute seule des forces égales aux forces primitives de ces deux boules. Une seiziéme partie de cette action.,, ou à peu-près , est employée à vaincre les obstacles dont nous avons parlé dans l'article precedent, & le reste à mouvoir les corps en arriere.

En rejettant donc sur les causes qui sont étrangeres à la matiere qui produit les ressorts , tout ce qu'ils ont d'imperfection ; il est clair qu'elle doit avoir une force capable de les rendre parfaits , ou de faire renaître en eux des forces égales à leurs forces primitives..

On dira peut-être que cette force de la matiere subtiCette force de le dépend des forces primitives. Mais le dira-t-on avec la matiere sub- quelque air de vrai-semblance ? tile eft dans les La matiere subtile est poussée par les forces primitives corps durs, lors du point d'attouchement de chaque boule vers lon centre même qu'ils sont de gravité, & par sa fluidité naturelle elle fuit cette direcen repos.

cion. Ensuite pour relever les ressorts, elle agit du centre

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